Quelque 40 pour cent des actifs en Suisse utilisent l’IA générative. C’est ce que révèle le nouveau « Global AI Diffusion Report » de Microsoft. À l’échelle mondiale, la moyenne s’établit à moins de 18 pour cent. La Suisse devance ainsi l’Allemagne, l’Autriche et les États-Unis en matière d’usage de l’IA.
Microsoft mesure la diffusion de l’IA à partir de données d’utilisation anonymisées, principalement issues d’appareils Windows. Sont comptabilisées les visites de services tels que ChatGPT, Gemini, Claude, Copilot ou Perplexity. Selon le Chief Data Scientist Juan Lavista Ferres, qui a publié le rapport le 7 mai 2026, aucun indicateur n’est parfait. Le classement reflète l’usage, non la qualité de cet usage ni les bénéfices économiques pour un pays.
Au premier trimestre 2026, 37,8 % des personnes âgées de 15 à 64 ans en Suisse ont utilisé un produit d’IA générative. Fin 2025, elles étaient encore 34,8 %. Dans le comparatif mondial, la Suisse se classe au 14e rang. Seuls 13 pays affichent un taux d’utilisation plus élevé, en tête desquels les Émirats arabes unis avec 70,1 %, Singapour avec 63,4 % et la Norvège avec 48,6 %. Les États-Unis occupent la 21e place, avec un taux de 31,3 %.
Le fossé numérique se creuse
La moyenne mondiale d’utilisation de l’IA s’établit à 17,8 %. Dans le pays du Nord / pays du Sud, le taux atteint 27,5 %, contre seulement 15,4 % dans le Sud global. Microsoft cite comme causes de cet écart les inégalités d’accès à internet, d’approvisionnement en électricité et de compétences numériques. À l’échelle mondiale, 26 économies dépassent désormais le seuil des 30 %.
L’effet de rattrapage en Asie est remarquable. Selon le rapport, l’amélioration de l’IA dans les langues asiatiques aurait fortement accéléré l’adoption en Corée du Sud, en Thaïlande et au Japon. L’IA influe également sur le marché du travail : Microsoft indique que le nombre de développeurs de logiciels aux États-Unis a atteint environ 2,2 millions en 2025, soit une hausse de 8,5 % par rapport à l’année précédente. Davantage d’IA a donc, jusqu’ici, engendré davantage d’emplois dans ce secteur.
Pour les professionnels des médias, ces chiffres constituent un point de référence concret. La Suisse figure parmi les pays européens les plus actifs en matière d’usage de l’IA — ce qui vaut sans doute aussi pour les rédactions et les groupes de médias. Les offres de formation continue peuvent s’appuyer sur un public qui connaît déjà l’IA générative.
Source : « 20 Minuten » – Michael Andai : « ChatGPT & Copilot: So stark nutzt die Schweiz generative KI »
Source originale : Juan Lavista Ferres (Microsoft) : « The state of global AI diffusion in 2026 ». Microsoft On the Issues, 7 mai 2026.


