Salvador Atasoy, journaliste à Radio SRF et coprésident du SSM

Actualités médias

Salvador Atasoy | 09.03.2026

« Un immense soulagement »

Peu d’observateurs auraient imaginé un rejet aussi cinglant de l’initiative pour la réduction de la redevance (dite « 200 francs, ça suffit ! ») : 62 % des votants se sont opposés au démantèlement de la SSR. Le texte n’a trouvé grâce aux yeux d’aucun canton. Un résultat qui réjouit Salvador Atasoy, journaliste à Radio SRF et coprésident du SSM, le Syndicat suisse des médias. Pour le syndicat de la SSR, le combat se poursuit néanmoins : le conseiller fédéral Albert Rösti ayant déjà décidé de réduire la redevance avant le scrutin, des centaines de suppressions de postes sont désormais en jeu. « Les prochains mois seront intenses, c’est une certitude », confie Salvador Atasoy.

Pour la deuxième fois en dix ans, le corps électoral suisse a apporté un soutien sans équivoque à la SSR. Pourtant, des temps difficiles s’annoncent pour le personnel : la baisse de la redevance à 300 francs d’ici 2029, actée par le conseiller fédéral Rösti avant le vote, devrait contraindre la SSR à supprimer environ 900 postes.

Edito : Quelle a été votre première réaction à l’annonce des résultats ?

Salvador Atasoy : J’ai ressenti l’immense soulagement des gens qui m’entouraient. C’est assez fou de voir des mois de tension converger vers un instant précis : le dimanche 8 mars à midi, lors de la publication des premières projections.

Analysons ce résultat de plus près : que signifie pour les collaborateurs de la SSR le fait qu’aucun canton n’ait accepté l’initiative ?

C’est un signal clair : la pression politique sur le personnel doit cesser. Les journalistes doivent enfin pouvoir se concentrer pleinement sur leur mission. C’est la deuxième fois en dix ans que le peuple suisse exprime son attachement au service public. Tous les cantons, toutes les régions. Ce n’est pas seulement un message adressé au journalisme local, c’est aussi un signal envoyé à l’Europe et aux États-Unis. Ici, en Suisse, nous soutenons notre service public.

La SSR ne sera pas réduite de moitié, mais son budget subira tout de même une coupe drastique : la baisse de la redevance à 300 francs par ménage décidée par le conseiller fédéral Rösti entraînera une réduction de 270 millions de francs. Comment le SSM est-il impliqué dans ces processus ?

En tant que partenaire social, nous sommes fortement impliqués, notamment en ce qui concerne la transformation des structures organisationnelles de la SSR. Toutefois, en raison de l’initiative, le cadre futur est resté longtemps incertain. Maintenant que le verdict des urnes est tombé, de nouvelles négociations vont s’ouvrir, par exemple sur le plan social et la CCT. Les mois à venir seront intenses, c’est une certitude.

Publicité

Le travail de la SSR a été violemment remis en question ces derniers mois. Comment les collaborateurs vivent-ils cette situation ?

Nous avons pris l’habitude de travailler sous une forte pression politique. La SSR est au cœur du débat public depuis des années. Dès 2018, après le rejet massif de l’initiative « No Billag », l’UDC avait annoncé le lancement d’un nouveau texte pour réduire la redevance. Mais il y a une différence entre une pression réformatrice générale et la menace, brandie par certains milieux, d’une réduction drastique du financement. La première configuration est nettement préférable pour garantir l’indépendance du journalisme.

Le SSM redoute-t-il déjà le lancement d’une prochaine initiative ?

L’Union suisse des arts et métiers (USAM) a déjà annoncé dimanche son intention de continuer à se battre pour la suppression totale de la redevance des entreprises. Je suis favorable à ce que le service public reste un sujet de débat large. Mais je plaiderais vigoureusement pour qu’après avoir longuement discuté du financement, nous nous penchions enfin sur le contenu et le mandat de ce service public. Plus encore, il serait souhaitable que cette discussion soit menée de manière large et publique, afin que le service public reste là où il doit être : entre les mains de la population.

Veuillez remplir tous les champs.
Votre adresse e-mail n'est pas publiée.

* = obligatoire

 

Offre exclusive

Exclusivement pour les abonnés : Edito-Webinaire

La communauté Edito pour l’apprentissage entre pairs – pour que les créatifs restent créatifs, avec l’IA et d’autres outils innovants.

 

Informations et inscription

Publicité
Nouvelle édition
«Edito» in Deutsch