Environ 30 pour cent des comptes X qui débattent de l’initiative de l’UDC présentent un comportement suspect — signe manifeste d’une activité coordonnée de bots dans la campagne de votation en cours. C’est ce que révèle une analyse de l’agence zurichoise Digital/Organizing, mandatée par le PS. Des politiciennes et politiciens font état de vagues de commentaires organisées dès qu’ils se positionnent contre l’initiative. Les experts avertissent que la technologie évolue à une vitesse fulgurante. Une réglementation contraignante des plateformes fait toujours défaut.
L’agence du PS a analysé les publications sur X entre mi-mars et début mai. Sur les 6100 contributions recensées, 80 % pouvaient être attribuées au camp du « oui ». Parmi les comptes suspects, cette proportion dépassait même 90 %. Ces comptes publiaient des contenus identiques en l’espace d’une seconde, n’avaient aucun comportement de discussion normal ou ne relayaient que des publications de campagne.
Réglementation réclamée, l’UDC rejette les accusations
La conseillère nationale PS Min Li Marti réclame dans les titres Tamedia une réglementation contraignante des plateformes. « Les bots manipulent le débat public. Ils donnent l’impression qu’une opinion donnée est dominante, alors que ce n’est pas nécessairement le cas dans la réalité », dit-elle. Le conseiller national du Centre Gerhard Pfister, lui-même confronté à des insultes, partage cet avis. Il critique par ailleurs Economiesuisse, qui investit plus de 4 millions de francs essentiellement dans des affiches et des encarts publicitaires : « C’est ainsi qu’on menait les campagnes de votation il y a 20 ans. »
Le chef du groupe UDC Thomas Aeschi rejette ces accusations. L’UDC ne recourt ni à des bots ni à des trolls et n’a mandaté aucune entreprise à cet effet. Le parti ne saurait être tenu responsable du comportement de sympathisants sur les réseaux sociaux. Les déclarations illicites peuvent être signalées et jugées par les autorités pénales.
Le vote sur l’initiative des 10 millions aura lieu le 14 juin. Les sondages indiquent un résultat serré. Les experts mettent déjà en garde contre le prochain palier d’escalade : des essaims d’IA opérant avec des flottes entières de comptes automatisés sur les réseaux sociaux, les forums et les groupes de messagerie, et qui se distinguent à peine de vrais êtres humains.


