Actuel – 09.02.2015

Les innovations à ne pas rater

Extrait d’un article à lire dans Edito no 1 / 2015.

Les nouveautés les plus intéressantes ? Nous posons la question à trois observateurs attentifs en Suisse romande ; leurs réponses sont très diversifiées. Une seule tendance est citée deux fois : le fact-checking, ou vérification des données. Vérifier, ce n’est pas nouveau dans le journalisme, mais pour Marc-Henri Jobin, responsable de la formation des stagiaires au CFJM, il s’agit d’aller « un cran plus loin en cherchant à confirmer ou infirmer des faits et informations jugées crédibles voire « vraies » a priori car émanant « de bonnes sources ». »

Un bon exemple, c’est « Factuel », tous les matins sur La Première (RTS) juste avant 7 h 30. Le format court de l’émission suffit à son objectif : elle parvient souvent à infirmer des chiffres cités par des experts ou des institutions. Cet exemple est aussi mis en avant par Thierry Fischer, qui observe l’évolution des médias dans l’émission de radio hebdomadaire Médialogues : la démarche, selon lui, « se révèle de plus en plus indispensable. » Autres exemples à citer dans ce domaine : « Les décodeurs » du Monde, « Désintox » de Libération, Arrêt sur images, « Info/intox » sur Arte.

Les autres tendances intéressantes pour Thierry Fischer : le journalisme constructif (à ne pas confondre, précise-t-il, avec le journalisme des bonnes nouvelles), qui « répond probablement à notre époque » ; ou l’expérience tentée par le quotidien « 24 Heures » d’intégrer un groupe de jeunes de 16 à 20 ans dans sa rédaction – des volontaires sont encore recherchés pour le blog et les vidéos que proposera « Labo24 », dont le démarrage est prévu en mars.

Marc-Henri Jobin, lui, cite encore : le datajournalisme (journalisme de données), « un créneau difficile mais riche et encore trop peu exploité, à mettre en lien, en Suisse, avec les lois cantonales et fédérale sur la transparence » ; les longs formats web, multi-supports, tels que les propose le « New York Times » avec son concept « Snowfall » – un exemple que s’efforcent de suivre quelques médias suisses comme la RTS ou « Le Temps » ; enfin, l’essor d’un nouveau métier, celui de « Community Editor », chargé de gérer la relation du média avec ses consommateurs et ses amis sur les réseaux sociaux – « le CFJM cogite en ce moment sur une possible formation à mettre en place dans ce domaine. »

Rédacteur en chef d’ARPresse et spécialiste du numérique, Luc Petitfrère relève les avantages professionnels qu’offrent maintenants les mobiles : « rester en contact permanent avec sa rédaction, pouvoir informer en direct sur le site ou les réseaux sociaux, enrichir son travail avec de la vidéo, du son, de l’image… nous, journalistes, retrouvons enfin de l’autonomie et de la mobilité au quotidien. »

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Autres tendances principales selon lui : les tablettes, qui « deviennent une bonne alternative au papier » pour lire son journal ; le crowdsourcing, qui permet de faire participer le lecteur à la production de l’information ; le « responsive design » des sites internet qui s’adaptent à la taille des écran ; le paywall généralisé ; enfin la meilleure prise en compte graphique des nouveaux genres journalistiques (photo-reportages, vidéos) sur des sites qui, jusqu’ici, « étaient surtout conçus pour la news ».

Question à se poser, à laquelle nous n’avons pas la réponse : dans cette diversification des genres et des mises en scène, « la news » risque-t-elle de se diluer, d’être moins reconnaissable en tant que telle ?

 

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